Identification

En Amérique du Nord, 16 espèces de frênes (Fraxinus sp.) poussent naturellement dans une variété d’écosystèmes. De ces espèces, trois poussent dans les forêts du Québec : le frêne d’Amérique (F. americana), le frêne rouge (F. pennsylvanica) et le frêne noir (F. nigra). En milieu urbain, le frêne d’Europe (F. excelsior) et le frêne bleu (F. quadrangula) sont aussi rencontrés à l’occasion. Le frêne bleu et le frêne pubescent (F. profunda), sont deux espèces considérées comme étant rares au Canada, poussant uniquement dans certaines régions du sud de l’Ontario.

Plusieurs cultivars de ces espèces ont été sélectionnés au fil du temps selon différents critères souhaités (belle coloration automnale, port étroit…) Ces cultivars sont souvent offerts dans les jardineries et pépinières.

Toutes les espèces et cultivars de frênes indigènes au Québec sont attaqués par l’agrile du frêne. La majorité des individus vont en succomber rapidement. Le frêne bleu et le frêne d’Europe auraient une plus grande résistance, mais peuvent en mourir également. Les scientifiques s’entendent pour dire que toutes les espèces de frênes nord-américaines seraient sensibles aux effets de l’agrile, bien que toutes les espèces n’aient pas encore été mises en contact direct avec le ravageur. Dans le pire des scénarios, le genre Fraxinus pourrait disparaître de l’Amérique du Nord à plus ou moins long terme. D’ailleurs, il semblerait que l’agrile du frêne pourrait subsister même après l’éradication de tous les frênes, une étude récente ayant démontré la présence de larves sous l’écorce du chionanthe de Virginie, un arbuste trouvé dans le sud-est des États-Unis et parfois utilisé en culture ornementale (Cipollini 2015).  Seules les espèces de frênes asiatiques sont tolérantes à l’agrile du frêne, ces dernières ayant coévoluées avec la présence de ce ravageur au fil du temps.

Le  frêne a été planté massivement dans les villes au cours du dernier siècle, car cette essence montre à la fois une grande résistance aux conditions urbaines tout en ayant peu de maladies. Du moins, cela était vrai avant l’arrivée de l’agrile du frêne sur notre territoire. La situation d’aujourd’hui est donc tout à fait différente!

Il est très important de savoir identifier les frênes dans le but de mieux se prémunir devant l’envahisseur. Que doit-on savoir pour les identifier?

Critères importants pour identifier les frênes :

En suivant quelques critères simples, il est facile d’arriver à identifier correctement le genre frêne et de le distinguer d’autres genres semblables (ex. érables, Caryer, noyer). Savoir identifier chaque espèce de frêne nécessitera cependant un peu plus de doigté pour le néophyte.

Premièrement, les arbres les plus souvent confondus avec les frênes sont les suivants : les ormes (Ulmus sp.), les caryers (Carya sp.), les sorbiers (Sorbus sp.), les noyers (Juglans sp.) et finalement l’érable négondo (Acer negundo). Les différents critères botaniques présentés ci-dessous vous permettront de bien identifier votre arbre et ainsi éviter la confusion avec les autres possibilités d’arbres à feuillage composé!

Le lexique suivant pourra vous aider à mieux comprendre le sens de certains des termes utilisés pour savoir identifier les frênes:

Rameaux : Toute subdivision d’un axe d’une plante ligneuse ou herbacée.

Foliole : Chacune des parties d’une feuille composée ressemblant à une petite feuille.

  1. L’arrangement des rameaux est opposé chez toutes les espèces de frênes.
    Ce critère est vraiment important à distinguer et à bien comprendre! Il arrive parfois qu’une branche meurt chez un frêne. Ceci est même assez fréquent. On pourra donc trouver à l’occasion des branches opposées et non opposées sur un même spécimen de frêne. Il faudra affiner nos critères d’identification ou regarder plusieurs branches avant de poser notre pronostic final.
  2. Les feuilles du frêne sont composées et comprennent entre 5 et 11 folioles selon l’espèce.
    Ces folioles sont opposées les unes par rapport aux autres. La marge de la feuille peut être entière ou légèrement dentée. L’érable négondo (ou érable à Giguère) possède aussi des feuilles composées et opposées, mais ses folioles se chiffrent généralement à 3 ou 5 folioles (pouvant aller à 9 dans certain cas moins commun). Feuille simple : Feuille ayant un limbe continu (pourtour de la feuille) et un bourgeon à la base de son pétiole. Feuille composée : Feuille constituée de plusieurs folioles. Les folioles n’ont pas de bourgeon à leur base. Celui-ci se trouve à la base du pétiole.

    Figure 1

    Figure 1 – © Rob Routledge, Sault College, Bugwood.org

    Bel exemple de feuille simple. Remarquez bien le bourgeon à la base du pétiole de chaque feuille.

    Figure 2

    Figure 2 – © Robert Vidéki, Doronicum Kft., Bugwood.org

    Feuille composée de frêne de Pennsylvanie. Il n’y a pas de bourgeon à la base de chaque foliole. Ce dernier est présent seulement à la base du pétiole.

    Figure 3

    Figure 3 – © Keith Kanoti, Maine Forest Service, Bugwood.org

    Figure 4

    Figure 4 – © Paul Wray, Iowa State University, Bugwood.org

    On peut voir ici les feuilles composées de l’érable à Giguère. Les feuilles de cet érable sont aussi composées et opposées, mais ses folioles (3 à 5) sont moins nombreuses que chez le frêne (5 à 11). Les jeunes branches possèdent souvent une couleur glauque-bleuâtre pouvant aussi aider à l’identification.
  3. L’écorce des frênes matures est assez épaisse et formée de crêtes rigides entrecroisées en losanges réguliers, rappelant  un peu la forme de diamants. L’écorce des jeunes arbres ne possède pas ces crêtes et est plutôt mince. L’écorce du frêne noir est différente comme on peut le constater sur la photo ci-dessous (Figure 7).

    Figure 5

    Figure 5 – Écorce mature de frêne d’Amérique. © Jean-Bastien Lambert

    5500349-PPT

    Figure 6- Écorce mature de frêne rouge.
    © T. Davis Sydnor, The Ohio State University, Bugwood.org

    © Jean-Bastien Lambert

    Figure 7- Écorce mature de frêne noir.
    © Jean-Bastien Lambert

    Figure 7

    Figure 8 – Écorce immature de frêne d’Amérique.© Becca MacDonald, Sault College, Bugwood.org

    5444752-LGPT

    Figure 9- Écorce immature de frêne noir. © Rob Routledge, Sault College, Bugwood.org

    5470342-LGPT

    Figure 10- Écorce immature de frêne rouge.
    © Karan A. Rawlins, University of Georgia, Bugwood.org

    L’écorce juvénile d’un jeune frêne d’Amérique est plutôt lisse et gris pâle. L’écorce des individus juvéniles des frênes rouge et noir est également très différente de l’écorce mature.
  4. Les semences (samares) ont une forme rappelant un peu la forme d’une rame de bateau à l’extrémité arrondie. Les arbres ne fructifient pas chaque année, mais lorsque cela arrive, les samares vont persister jusqu’en hiver, donnant un aspect intéressant aux arbres. Les fleurs mâles et femelles étant portées sur des arbres différents, les arbres mâles ne porteront jamais de samares. Une très grande quantité de samares sur un arbre peut parfois indiquer que cet arbre est stressé.

    Figure 8

    Figure 11 – © Paul Wray, Iowa State University, Bugwood.org

Les commentaires sont clos.