Dépistage par échantillonnage de branches

Cette technique très efficace, développée par Krista Ryall et son équipe (2010), permet de dépister la présence de l’ADF au sein d’arbres infestés qui paraissent sains et ne montrant aucun signe ou symptôme extérieurs. Il est ainsi possible d’optimiser la détection au début d’une infestation lorsque la densité est encore faible. Pour les gestionnaires des forêts urbaines, l’utilisation judicieuse de cette méthode est d’un très grand secours en permettant de gagner du temps lorsque la détection précoce se confirme. On peut donc mieux se préparer à faire face à l’insecte sur le territoire en question.

Brièvement, cette méthode consiste à soigneusement examiner 2 branches (diamètre entre 5 et 12 cm) de la mi-couronne d’un frêne  en enlevant l’écorce en fines couches (sur une longueur de 50 centimètres) à  la recherche des galeries creusées par l’agrile. La partie de branche à écorcer est celle se localisant à la base de la branche (partie la plus proche du tronc). Les branches ayant une écorce rugueuse et cannelée et localisée au plein soleil (sud) seraient plus sujettes à la présence de l’ADF, il faudra préférablement les cibler lors de la sélection des branches à écorcer. De plus, les arbres de grande taille (6-18 m de hauteur et 15 à 50 cm de DHP) et positionnés en milieu ouvert sont à prioriser.

Cette technique peut être utilisée à tout moment entre septembre et mai, mais les galeries sont plus visibles à partir du mois d’octobre. Son taux de succès de détection est d’environ 75% lorsque l’arbre est encore précocement infesté (Ryall et al. 2011). À noter que les spécialistes dans la lutte aux insectes ravageurs devraient être familiers avec cette technique.

La technique d’échantillonnage de branches peut être à la fois utilisée pour détecter simplement la présence de l’ADF, mais aussi pour évaluer les densités de population. Dans ce dernier cas, un dénombrement des larves devra être réalisé ce qui demande plus de temps que de simplement vérifier la présence du ravageur.

Il y a possibilité de réaliser l’échantillonnage des branches lors d’opérations d’entretien des arbres, tel que l’élagage, dans le but d’optimiser les ressources humaines et financières investies. L’échantillonnage des branches pourrait être employé en combinaison avec les pièges-appâts. Dans ce cas, il peut être possible de repérer les arbres infestés dans les secteurs où l’agrile adulte a été trouvé préalablement dans les pièges appâtés.

N.B : La découverte d’un spécimen vivant ou de galeries larvaires d’agrile du frêne en dehors des zones réglementées doit être signalée à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Figure 1

Figure 1 – © Ville de Montréal

L’enlèvement de l’écorce se fait par bandes de 1 à 2 mm d’épaisseur jusqu’à ce que le bois soit rejoint. Un examen attentif des bandes est requis pour détecter les galeries qui sont parfois très petites lors du début de l’infestation.

Figure 2

Figure 2 – © Ville de Montréal

Une plane ou une vastringue sont les outils à utiliser pour l’écorçage des branches.

Figure 2.1

Figure 3 – © LeeValley & veritas

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